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Schirren, grand fauve belge

 

Jusqu’au 4 mars 2012

Mettez de la couleur dans votre hiver : découvrez Ferdinand Schirren, un précurseur resté trop longtemps dans l’ombre de Rik Wouters. Un comble pour un amoureux de la lumière !



Poursuivant leur mise en valeur d’artistes moins connus mais bien représentés dans leurs collections, les Musées royaux des beaux-arts de Belgique (MRBA) proposent une exposition sur Ferdinand Schirren, artiste considéré comme le premier "fauve" belge.

Schirren nous emmène en promenade dans ses jardins imaginaires : ses sujets sculptés ou peints présentés à Bruxelles relèvent surtout de la vie intérieure. Une œuvre souvent intimiste et des aquarelles d’une matérialité "évasive".
L’exposition présente 44 œuvres, témoins d’une œuvre diversifiée, pleine de couleurs et de fraîcheur, comme le montre son beau tableau "Femme au piano" de 1915. Ses aquarelles ont un côté précurseur, en particulier "Au jardin", explosion de couleurs quasi abstraite en 1906 !
Grâce à leurs dernières acquisitions, les MRBA possèdent un ensemble d’œuvres de Schirren représentatives de toutes les phases de son évolution artistique ainsi que des différentes techniques qu’il employait.

 

Sculpteur et peintre à l'époque de "La Libre esthétique"

 

Fils de négociants originaires de Riga, né en 1872, Ferdinand Schirren fut d’abord sculpteur. Il réalise, tout jeune, un buste saisissant d’Helena Blavatsky. D’une expressivité étonnante, ce portrait de la grande prêtresse du mouvement théosophique est unique dans la production sculpturale de Schirren. Une oeuvre majeure acquise par les MRBA en 2007.
Mais après une phase symboliste, la touche impressionniste puis néo-impressionniste que l’artiste applique au plâtre traduit sa préoccupation pour la lumière.

Quand Ferdinand Schirren entre en peinture à Bruxelles en 1904, il a 32 ans et Bruxelles participe d’une des périodes les plus novatrices de l’art moderne européen. La "Libre Esthétique", salon phare, y accueille Monet, Manet, Van Gogh, Seurat, Van Rysselberghe, Ensor… Fine pointe de cette qualité et diversité esthétiques.

Tandis que le buste de Blavatsky tend vers la monumentalité, le revirement de Schirren vers la peinture et le dessin le révèle comme un artiste qui confère une grande autonomie à la couleur, à partir de laquelle il construit les formes. En 1906, il réalise une série d'aquarelles lumineuses qui lui valent le statut de premier peintre fauve belge. 
Retiré dans la quiétude de la campagne brabançonne, il aboutit à des résultats proches des aquarelles que Matisse, Manguin ou Camoin réalisent à Collioure en 1905. Il délaisse la ligne et de la forme concrète. Ces aquarelles "dissociées" n’ont qu’un temps. En bon sculpteur, l’artiste cherche à reconstruire l’image dans une relative intégrité sans renoncer à la lumière et la couleur.

Dans les dessins et surtout dans les aquarelles, Schirren fait preuve d’une aisance et d’une audace qui ne se retrouvent dans sa peinture qu’à partir de 1917 avec son chef-d’œuvre : "La femme au piano". La couleur devient alors le fil conducteur jusqu’à la fin de sa vie. Entre 1910 et 1912, il travaille d’ailleurs essentiellement au fusain ou à la sanguine. Ses dessins (scènes d’intérieur, nus et portraits) témoignent d’une grande sensibilité et d’une douce expression. Ils font de lui l'un des plus brillants fauves du pays durant les années 1910.

A partir de 1920, ses compositions, après avoir été déconstruites par la touche de couleur, regagnent en volume et en synthèse formelle. Les années 30 et 40 sont celles des aquarelles diaphanes rehaussées d'encre de Chine. Les frères Haesaerts décrivent Ferdinand Schirren passant ses journées en ses jardins imaginaires. L'exposition aux MRBA chemine dans cette introspection méditative au cœur de son travail. Amoureux des couleurs, de la lumière, des intérieurs riants, mais aussi inspiré par le mysticisme fin-de-siècle, Schirren semble en définitive "indéfinissable". A découvrir.



Infos :

Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique
3 rue de la Régence
1000 Bruxelles
www.fine-arts-museum.be
Publication en guise de catalogue du 11e Cahier des MRBA, "F. Schirren en ses jardins imaginaires".


Crédits-photos : F. Schirren, "Femme devant une glace", 1915 © Sabam Belgium 2011 - dig. Photo J. Geleyns / www.roscan.be © KMSKB – MRBAB ; "Paysage au tronc", (1910-1917) © Sabam Belgium 2011 - Kim Rothuys - Berger & Montag Studio ; "La femme en bleu", 1921 © Sabam Belgium 2011 - dig. Photo J. Geleyns / www.roscan.be © KMSKB – MRBAB.