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Ou comment Tintin eut "L'Oreille cassée"

 

Jusqu’au 4 mars 2012

Quelles furent les sources d’inspiration d’Hergé pour l’album "L’Oreille cassée" ? Le Musée Hergé les dévoile à travers la peuplade des Arumbayas, un mystérieux fétiche rouge et un explorateur belge méconnu.



Entre fiction et réalité, le partenariat du Musée Hergé avec Sergio Purini, conservateur de la section Amérique des Musées royaux d’art et d’histoire à Bruxelles, révèle au public les pièces originales qui ont inspiré Hergé et un explorateur belge méconnu du grand public, le Marquis de Wavrin.
Le Musée Hergé accueille pour l’occasion la pièce authentique du Fétiche Chimu dit Arumbaya, œuvre de référence à la création de "L’Oreille cassée" ainsi que d’autres pièces d’art amazonien évoquées dans les aventures de Tintin aux côtés des planches originales de l’auteur. Un grand moment pour tout amateur que de voir ces pièces côte à côte !

Après la Russie, le Congo, les États-Unis, le Moyen-Orient et l’Extrême-Orient, Milou ne serait pas mécontent de pouvoir retrouver le paisible appartement du 26 rue du Labrador. Hélas… La radio annonce le vol mystérieux d’une pièce de collection au musée ethnographique : le Fétiche Arumbaya. Il n’en faut pas plus pour lancer son maître, le jeune reporter Tintin, vers de nouvelles aventures.
C’est en 1935 qu’Hergé travaille sur cette nouvelle aventure qui commence à Bruxelles et conduit Tintin en Amérique du Sud, continent qu’il n’a pas encore visité. D’où vient son inspiration ? Dans les actualités du Vingtième Siècle, on parle du traité signé à Buenos-Aires entre le Paraguay et la Bolivie qui met fin à la guerre pour l’or noir du Gran Chaco. Un reportage sur l’expédition au Pérou d’Henri Lavachery, conservateur adjoint des Musées du Cinquantenaire, éveille la curiosité d’Hergé : un fétiche de bois rouge (attribué à tort à la culture Nazca), trésor ramené par l’expédition, ne serait-il pas le fil rouge idéal pour sa nouvelle intrigue ?
Le Vingtième Siècle du 1er décembre 1933 reparle de l’expédition du Colonel Fawcett disparu dans la jungle brésilienne. En 1936, l’art des Indiens d’Amérique latine est aussi dans l’air du temps, avec les récits d’Antonin Artaud. Après avoir disparu plusieurs mois dans la jungle, chez les Tarahumaras, le poète en quête d’absolu proclame : « Seuls les Indiens ne m’ont pas déçu ! ».

C’est ce même discours que tient l’explorateur belge, Robert Frédéric de Wavrin. En 1913, le Marquis de Wavrin entame une longue période d’expéditions qui le mènent jusqu’en 1940 à la rencontre des populations autochtones d’Amérique du Sud. Il laisse à la postérité une collection d’objets produits par les Amérindiens, des documentaires filmés et un fonds photographique impressionnant de plus de 2000 négatifs. Jusqu’à aujourd’hui, le plus célèbre de ses films est celui consacré à la réduction des têtes humaines chez les Shuars (plus connus sous le nom de Jivaros).

L’intrigue peut commencer ! Hergé choisit un musée ethnographique comme point de départ de l’aventure, un fétiche rouge comme fil conducteur, des Indiens Arumbayas au patois bien bruxellois, un explorateur anglais du nom de Ridgewell, le tout sur une toile de fond qui ressemble beaucoup à la guerre du Gran Chaco.

Avec cette expo au Musée Hergé, Tintin vous accueille dans son appartement recréé dans la salle d’exposition temporaire, mais le musée tout entier est envahi par des Fétiches Arumbayas. Chaque statuette pose une question, apporte une information, un détail croustillant. En parcourant les huit salles du musée, vous découvrirez les multiples facettes de la création de "L’Oreille cassée".

Infos

Musée Hergé
Rue du Labrador 26
348 Louvain-la-Neuve
Tel. : 00 32 (0) 10 48 84 21
www.museeherge.com

Horaires :
Du mardi au vendredi 10:30-17:30
Week-end : 10:00-18:00

Tarifs :
Adultes, seniors : 9,50 €
Groupes, étudiants : 7 €
Moins valides, 7-14 ans : 5 €
Enfants de moins de 7 ans : gratuit
 

Crédits-photos : Extraits de l’album "L’Oreille cassée" © Hergé / Moulinsart 2012.