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Kubrick, jeune photographe de génie

 

Du 21 mars au 1er juillet 2012

"Spartacus", "Lolita", "2001, l’odyssée de l’espace", "Orange mécanique", "Barry Lindon", "Shinning", "Full metal jacket"… on peut égrener les chefs d’œuvre cinématographiques de Kubrick. Ce que l’on connaît moins, ce sont ses débuts, très précoces, en tant que photographe.


 


L’exposition "Stanley Kubrick, photographe" aux Musées royaux des beaux-arts de Belgique présente les premiers pas créateurs de Stanley Kubrick (1928-1999), l'un des cinéastes phares du XXe siècle. Curieux de tout, Kubrick a exploré l’ensemble des possibilités offertes par le cinéma pour exprimer la violence sociale qui transforme en profondeur l’individu jusqu’à métamorphoser un paraître réduit au masque.

Ce qui est moins connu, c’est la manière dont Kubrick est arrivé à cet équilibre ténu entre ordre et chaos, entre un monde intérieur voué aux profondeurs du psychisme et au passé, et un monde extérieur nécessairement tourné vers le futur, où l’absolu surnaturel impose sa loi de l’évolution.

Flash back. Pour son treizième anniversaire, Stanley Kubrick reçoit de son père son premier appareil photo. Cette nouvelle activité le passionne et lui fait oublier sa passion de jeunesse, le jazz, et son rêve de devenir batteur de jazz professionnel. Il prend de nombreuses photos et les développe avec un ami dans la chambre noire familiale. Il devient le photographe officiel de son collège et a pour idole le reporter-photographe Weegee.

En avril 1945, à l'âge de 16 ans, il réussit à vendre à la revue new yorkaise "Look" une photographie d'un vendeur de journaux en larmes après la mort de Franklin D. Roosevelt, photo qu'il a prise en se rendant au lycée. Tout juste sorti du collège, il est engagé comme indépendant par le journal. Il y travaillera cinq ans, apprenant les ficelles du métier et mûrissant son style perfectionniste, une construction de l’image que l’on retrouvera dans sa filmographie.


Ses reportages photographiques - aujourd’hui largement conservés au New York City Museum - témoignent par leur construction en séquences d’une conception déjà cinématographique. À travers l’objectif de Kubrick se compose un portrait de l’Amérique qui vient de sortir de la guerre, futur thème central de l’oeuvre du cinéaste. Cette idée est au coeur de l’exposition et a décidé de l’accrochage des photographies dans leur qualité documentaires : scène criminelle, vie d’un cireur de chaussure, panorama des acteurs d’un campus universitaires… Kubrick se révèle un photographe de premier plan, se permettant des références à Walker Evans ou à Diane Arbus.

La construction de ses images est si parfaite que l’on pense d’abord à une mise en scène. Au-delà de ce regard porté sur la société et sur ses tensions sociales, mais aussi raciales, le travail photographique de Kubrick témoigne aussi d’un souci de construction qui va au-delà du reportage. Metteur en scène spontané, Kubrick cherche à sublimer l’instant, par essence chaotique et incontrôlable, en lui donnant forme et structure.

Infos :

Musées royaux des beaux-arts de Belgique

3 rue de la Régence
1000 Bruxelles
Tél. : 00 32 2 508 34 56
www.fine-arts-museum.be
 

Crédits-photos : Stanley KUBRICK, "Dailies of a rising star : Betsy von Fürstenberg", 1950 © Courtesy to Museum of City of New-York ; "Rocky Graziano", 1950 © Courtesy to Museum of City of New-York ; "A tale of a shoe-shine boy",  1947 © Courtesy to Museum of City of New-York, Look Magazine Archive.