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Deux expos de femmes : entre délicatesse et engagement

 

Jusqu'en août 2011


Petite pique aux sexistes de tout poil, qui ont la fâcheuse tendance d’enfermer toutes les artistes dans la même catégorie… Deux femmes exposent à Bruxelles et leur travail montre bien la diversité de l’art au féminin.



L’une est au Botanique, l’autre à la Centrale électrique. La première est bien connue du grand public comme photographe de mode, moins pour son travail plus personnel. La seconde, avare en interviews et commentaires sur son œuvre, s’impose pourtant dans les plus grandes expositions d’art contemporain au monde. Et leurs œuvres respectives vous feront vraiment voyager sur deux planètes !

 

Objectif lune, tout d’abord. De Sarah Moon, chacun connaît l’image très forte qu’elle a créée pour Cacharel dans les années 1970. Une photo de Sarah Moon est alors immédiatement identifiable. C’est un grain particulier, un noir et blanc profond, des flous avec des silhouettes féminines en mouvement ou superposées, un univers onirique et mystérieux, une esthétique évanescente…
Et puis au milieu des années 80, après avoir été encensée par Vogue ou Stern, la photographe française renonce aux commandes publicitaires. Elle décide de photographier pour elle, se focalise sur le plaisir du regard avant celui de la photographie. Atmosphères de contes, ambiances irréelles, animaux venus d’ailleurs et paysages désertés…
C’est toujours du Sarah Moon et tout autre chose. Citant Beckett dans "Oh les beaux jours", Sarah Moon peut elle aussi dire : "Avoir toujours été celle que je suis, être si différente de celle que j’étais".
L’exposition "Coïncidences" réunit une sélection très personnelle et minutieuse par l’artiste de ses tirages et ses films réalisés après 1985, ainsi ses photographies de mode plus anciennes. Pour aller au-delà des "Loulou ? oui c’est moi"...

 

À quelques années lumières, la plasticienne sud-africaine Jane Alexander expose "Security, surveys from the Cape of Good Hope". Depuis les années 1980, elle développe un monde peuplé de créatures hybrides inquiétantes. Au moyen d'installations sculpturales, de photographies et de photomontages, elle traite de la société sud-africaine, ante et post-apartheid, de la violence de la ségrégation raciale et des conséquences sur les mentalités.
Un travail profondément ancré dans le questionnement sociopolitique et dans l’observation des êtres humains et des autres animaux. Jane Alexander observe sa propre rue depuis une vingtaine d'années. Au Cap, où elle vit et travaille, Long Street est un lieu où se jouent toutes les failles de la société sud-africaine : le travail des enfants, la prostitution, la drogue, l’ultra-violence de la ségrégation. Les corps hybrides - "humanimaux" disent certains - expriment cette violence et installent un malaise de prime abord.
Discriminations sociales et raciales. Dérives des relations de pouvoir. Obsession sécuritaire. Échec de l’idéal de société arc-en-ciel de Mandela… Jane Alexander aborde tout cela sans fascination morbide, révélant les capacités de résistance, d’organisation et de dignité du genre humain.

Infos :

"Sarah  Moon : Coïncidences"

Jusqu’au 14 août 2011
Le Botanique
Rue Royale 236 - 1210 Bruxelles
Le Botanique

"Jane Alexander : Security (Surveys from the Cape of Good Hope)"
Jusqu'au 21 août 2011
La Centrale électrique
44 place Sainte-Catherine -1000 Bruxelles
La Centrale électrique

 

Crédits-photos : Mouette © Sarah Moon ; Jane Alexander, 1999-2002 série African Adventure reeks © Mark Lewis ; La fille de l'écluse © Sarah Moon.