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77 ans de bulles roumaines

 

Jusqu'au 20 mai 2012

Encore d'étonnantes découvertes au Centre belge de la bande dessinée à Bruxelles avec cette grande expo consacrée à la bande dessinée roumaine.


Le CBBD avec le soutien de l’Institut culturel roumain vous fait découvrir le 9e art transylvanien jusqu'au 20 mai 2012. Les auteurs de BD roumains ont su produire des œuvres originales de grand talent à travers un siècle dont les vicissitudes n’ont pas épargné leur société.

Avant la Seconde guerre mondiale, la bande dessinée roumaine connaissait les mêmes inspirations que celle d’Europe occidentale, nourrie de magazines et d’influences américaines. Tuée dans l’œuf, la créativité des artistes de cette époque a disparu dans les soubresauts de l’Histoire. Avec l’installation d’un régime totalitaire et son isolement, les créateurs de BD roumains n’eurent plus que deux options : soit produire de la BD de fantaisie pour distraire les enfants, soit, pour ceux dont le tempérament s’inscrit dans le genre réaliste, adapter les grands romans nationaux ou classiques autorisés, à l’exclusion de toute invention personnelle. Pour celles et ceux qui étaient incapables de se plier à ces limitations, il ne restait que deux options : changer de métier ou s’exiler. C’est cette seconde option que choisit notamment la grande Livia Rusz en passant en Hongrie à pied.

Entre 1948 et 1955, la BD, symbole du capitalisme, fut totalement bannie de la presse roumaine par le pouvoir stalinien, jusqu’à l’arrivée des premiers Vaillant (futur Pif Gadget) en Roumanie. A l’instar des autres pays du bloc soviétique, cet unique magazine de BD occidental, édité par le Parti communiste français, a longtemps nourri l’imaginaire des auteurs et des lecteurs roumains. Ces derniers ont dû attendre l’heure de la démocratie pour voir s’épanouir progressivement dans leur pays les différents genres qui font la richesse de la BD actuelle.

C’est en 1970 que la BD roumaine a connu une évolution majeure avec le premier concours amateurs de BD lancé par les magazines "Cutezatorii" et "Pif Gadget". On découvre une vingtaine de dessinateurs : Radu Marian (le grand prix), Viorel Pirligras, Valentin Tănase, Calin Stoicanescu, Mircea Arapu, Traian Marinescu, Sorin Anghel, Zeno Bogdanescu, Laurentiu Sirbu, Feszt Laszlo…
C’est au cours des années 70 que sont publiés la plupart des 50 albums parus après la guerre en Roumanie. En 1981, Ceausescu décide de rembourser ses dettes et Pif Gadget n’arrive plus en Roumanie (manque de devises, disait-on). Plusieurs fanzines, la plupart photocopiés, voient le jour, une nouvelle génération de dessinateurs amateurs apparaît. Après la chute du régime communiste, fin 1989, la BD roumaine connaît le même enthousiasme explosif que tous les médias du pays. Mais l’inflation galopante de 1993 (300%) vient à bout de l’élan général…

Personnages clés, Dodo Nita qui préside l’Association des bédéphiles roumains et Alexandre Ciubotariu, porte-drapeau de la nouvelle génération des créateurs de BD du pays, ont oeuvré pour retrouver les œuvres qui jalonnent l’histoire de la BD roumaine. C’est ce trésor inconnu d’illustrations et planches originales que vous pouvez découvrir au Centre belge de la bande dessinée jusqu’au 20 mai 2012.
 

Infos

Centre belge de la Bande Dessinée (CBBD)
20 rue des sables, 1000 Bruxelles
Tél. : 00 32 2 219 19 80
www.cbbd.be
Tarifs : de 3 à 8 €
Tous les jours sauf lundi de 10:00 à 18:00

• 77 ans de BD roumaine
Jusqu’au 20/05/2012

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Crédits-photos : Piticul Cipi de Livia Rusz, 1984; Vue de l'exposition au CBBD ; Revue BD "Cutezatorii", 1970 © CBBD.